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Pourquoi les rencontres Niemeyer ?

Quand le bâtiment va tout va, dit l’adage. Or, force est de le constater : le bâtiment, et plus largement les projets architecturaux, urbains, l’amélioration des conditions de logement et du cadre de vie, aujourd’hui se portent mal. Une entreprise de BTP sur trois serait sous la menace d’une faillite d’ici fin 2014 –  essentiellement des PME, selon les projections.  L’année 2013 fut une année noire en terme de construction de logements, avec des chiffres équivalents à ceux de l’immédiat après-guerre. Voici le terrible paradoxe d’une époque où 3,6 millions de nos concitoyens sont sans-abri ou sans-logis, où 10 millions d’entre eux souffrent du mal-logement, contraints de vivre dans des espaces indignes, impropres, comme le rappelle le dernier rapport de la fondation Abbé-Pierre. Ces chiffres font frémir.

Le bâtiment, c’est la construction de logements neufs – tout particulièrement de logements sociaux – mais aussi les réhabilitations du bâti existant, de l’espace public et des rues, les constructions de routes, d’équipements comme les écoles ou les stades. L’asphyxie des collectivités territoriales, dont les marchés publics représentent 60% du chiffre d’affaire du BTP, va mécaniquement aggraver la spirale vicieuse de la crise.

Cette crise, pourtant, n’est pas une fatalité

Elle est l’aboutissement d’une logique et d’un raisonnement. Elle la conséquence d’un choix fondamental, celui de la finance au détriment de l’humain et la qualité de vie, celui des actionnaires au détriment des intérêts économiques et sociaux de la France et des intérêts écologiques de notre planète. L’humanité a franchi cette considérable mutation anthropologique, elle est aujourd’hui plus urbaine que rurale. Ainsi, en France, 95 % de la population vit sous influence urbaine. Qu’est-ce que le phénomène urbain sinon un formidable potentiel de mise en commun des aménités : transports, santé, école, culture. Près de cinquante ans après l’appel d’Henri Lefebvre pour le Droit à la ville, cette mise en commun des aménités reste une utopie.

Depuis deux décennies, sous injonction de la stratégie de Lisbonne, les territoires ne sont plus seulement des lieux de vie. Ils sont devenus des opérateurs économiques, que l’on place en compétition les uns les autres, et dans lesquels les services publics et les institutions sont tenus de se soumettre. Dans les métropoles, les pôles de compétitivité, fabriqués à grand renfort de subventions, côtoient les territoires littéralement abandonnés. Entre les métropoles, c’est la fuite en avant du toujours plus fort, quitte à développer des infrastructures inopportunes aux coûts exorbitants et qui renforcent les déséquilibres. Dans cette course folle, les petites villes et la ruralité font figures de dégâts collatéraux. Elles entraînent dans leur chute des savoir-faire, de l’artisanat, des sites industriels. De cette exclusion territoriale naît une exclusion sociale : chômage, mal de vivre, suicides d’agriculteurs.

La main si visible du marché heurte violemment le potentiel d’un développement harmonieux et coopératif des territoires. Garantir le droit à la ville dans les métropoles comme dans les communes moyennes et petites est pour le Parti communiste une ambition que la gauche se doit de porter comme une priorité politique. Rompre avec la soumission aux oukases de la compétitivité et de l’attractivité pour ouvrir le paradigme d’immeubles, de quartiers, de rue où il fait bon vivre. De la ville accueillante. Tel est le fil conducteur qui préside à l’écriture du dessein communiste pour la ville.

Ce projet nous voulons l’écrire en dialogue avec la société

Fort de notre histoire, fort de l’expérience irremplaçable des milliers d’élu-e-s communistes, nous avons des convictions et un parti pris. Nous savons que notre projet doit être en permanence remis sur le métier parce que la société est en mouvement, parce que nous sommes également convaincus que l’échange, la confrontation et même la dispute doivent être réhabilitées dans le débat public. C’est ainsi que nous comptons écrire avec les professionnels et les habitants ce projet pour la ville.  C’est dans cet esprit que nous faisons naître les Rencontres Niemeyer, premières du nom, avec la volonté de les inscrire dans la durée.

Sept débats inaugureront cette première édition. Chacun d’eux sera ouvert en amont par des contributions publiées sur le site rencontres-niemeyer.pcf.fr. Au moment des Rencontres, l’introduction des débats précisera les objectifs qui nous ont amenés à en choisir le thème. Chaque conversation sera filmée et retransmise en direct sur le site pcf.fr. Le public et les citoyens auront la possibilité d’intervenir par SMS ou tweet. A l’issue des rencontres, des textes seront soumis au débat public sur le site pcf.fr jusqu’à la fin juin 2014. Des débats décentralisés auront lieu aux plus près des habitants avec un accent en direction des quartiers populaires. Pour finalement aboutir à une publication lors de la fête de l’Humanité 2014.

 

Le territoire est politique

Plus que jamais, le devenir du territoire est au cœur des enjeux stratégiques. Autant dire que construire appelle des choix politiques. Malheureusement trop souvent la maitrise d’ouvrage se dédouane derrière les experts, s’exonérant ainsi de mettre, sur la scène publique, les choix qu’elle opère. Et du même coup de la responsabilité des effets produits.

Au contraire, la puissance publique, appuyée sur le débat démocratique devrait - au-delà des PLU - définir les enjeux des territoires autant que les attendus des programmes de constructions et de rénovations, allant même jusqu’à préciser les attentes des bâtiments et des logements. Complexe, la ville est une question d’équilibre qui se cherche, et qui, pour se faire, a besoin de la confrontation-coopération entre tous les acteurs : élu-e-s, professionnels, forces sociales, et citoyens. Face à la dérive technocratique, les professionnels endossent finalement l’organisation du débat politique. Allant jusqu’à animer les réunions avec les habitants.

C’est cette pente dommageable que le Parti communiste souhaite contrecarrer. Et c’est le sens des Rencontres Niemeyer, carrefour des acteurs, qui chaque année, permettra d’engager le débat et la construction d’un projet. Le thème générique de cette année « Le territoire est politique » se veut de jouer cartes sur table. Le choix des débats, s’il peut apparaître comme éclectique au mieux, touche à tout, au pire, est un parti pris qui vise à dessiner, au fils des temps, un horizon par touches, tel un tableau impressionniste.

En espérant, que vous aurez plaisir à vous prendre au jeu…

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Contact

Pôle Egalité des territoires
PCF
2 place du Colonel Fabien
75019 Paris

Marie-Pierre Boursier
01 40 40 13 74 - mpboursier[at]pcf.fr

 

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