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Métropole, PIB et agriculture urbaine par Philippe Maingault

Je suis Philippe Maingault, ancien étudiant de Laurent Davezies que je salue.

Je ne peux venir aux rencontres mais je tenais à faire parvenir un petit mot relatif à la question de la métropole.

Je suis coordinateur d'une association qui fait de l'agriculture urbaine sur 3 hectares sur le parc départemental des Lilas à Vitry sur Seine.

A côté de cette activité principale, j'enseigne à l'université de Saint-Denis le développement local, lieu d'où est parti le projet d'agriculture urbaine ci-dessus mentionné.

Je suis aussi membre du CA de l'association Minga qui milite pour le développement d'une économie équitable.

J'ai lu attentivement depuis des années les travaux de Laurent Davezies et trouve ceux-ci très astucieux à condition qu'on accepte le cadre du Pib comme cadre valable pour la mesure des richesses créées.

Or, je récuse le Pib comme étalon correct de la mesure des richesses. La critique de l'écologie politique du Pib est globalement valable mais il y a aussi une critique marxiste du Pib qui ne doit pas être oubliée.

Le Pib est essentiellement calculée en référence aux prix de marché.

Or, ceux-ci ne reflètent que de loin la réalité des richesses créées.

Dans le cadre d'une économie équitable ou socialiste (à chacun selon son travail d'après Marx), les écarts de revenu pourraient être conventionnellement de 1 à 4 ; au-dessus de 4 fois le Smic, on sait que la satisfaction personnelle n'augmente pas; pas la peine d'aller au-delà de 4 fois le Smic à terme (à échéance de 2 ou 3 générations ; dans un premier temps , 1 à 20 serait bien).

Je me suis rendu compte en écrivant un texte en 2012 sur les questions agricoles (cf texte en pièce jointe) que les revenus agricoles moyens en France étaient en 2010 de 24 000 euros dont 22 000 euros de subvention.

Cela signifie que sans subvention, le revenu moyen aurait été d'environ 1 euro de l'heure (2000 euros pour 2000 heures de travail annuel) même si le revenu réel est certainement un peu plus fort du fait d'une sous-déclaration des revenus et de dépenses personnelles imputé sur l'entreprise agricole.

Le Pib minore l'apport réel de l'agriculture (même s'il faudrait raisonner par sous-secteur car des disparités importantes existent dans l'agriculture).

Je fais l'hypothèse que des secteurs ou des parties ou fonctions de secteurs d'activités sont survalorisées au regard de leur apport social réel.

Ainsi, la finance spéculative est très fortement valorisée au prix du marché alors que c'est une activité largement parasitaire dont l'apport social est négatif.
Il faudrait passer au crible l'ensemble des activités et fonctions économiques et l'apport réel de richesse des territoires serait vraisemblablement tout autre.

Dans cette perspective, l'ouest parisien aurait un apport de richesse moindre dans l'espace métropolitain que son apport actuel mesuré en Pib.

La City de Londres ne serait pas si nécessaire dans l'économie britannique. L'agriculture ne serait pas sacrifiée dans les enjeux commerciaux internationaux du fait d'un poids insignifiant dans le Pib.

Bref, toute la géographique économique et la hiérarchisation des activités économiques serait bouleversée.

Je considère qu'une critique conséquente du capitalisme, c'est à dire une critique socialiste ou équitable doit réfuter toutes les données et études actuelles sur le Pib.

 

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