Accueil
 

Rester informé-e

 
 
 

Les rencontres Niemeyer sont nées - Discours de clôture par Pierre Laurent

Discours de clôture par Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français.

--

 

Mesdames, Messieurs,

 

Je voudrais tout d'abord remercier les nombreux participants, l’ensemble des intervenants de très grande qualité, tous les animateurs, tous les militants et bénévoles, et le secteur du parti qui a animé cette journée avec à sa tête Isabelle Lorand.

 

Nous venons de vivre aujourd'hui un petit événement politique. Les rencontres Niemeyer sont nées. Elles ont vocation a devenir un rendez-vous extrêmement important. Nous n'avons en effet pas décidé de faire une initiative ponctuelle mais bien de construire dans la durée une réflexion nouvelle sur la ville et les territoires dont nous ambitionnons qu'elle compte dans le paysage politique national.

 

L'idée de ces rencontres est née il y a un an, au moment de la disparition d'Oscar Niemeyer, le créateur du siège du Parti communiste français dans lequel nous nous trouvons. A l'occasion de l'hommage que nous lui avons rendu, nous avons organisé des journées portes ouvertes de notre siège. Dans un seul week-end, nous avons accueilli 8000 visiteurs dont de nombreux professionnels du secteur, d'architectes, d'urbanistes, de géographes, beaucoup de militants, et de familles pour découvrir ce lieu extraordinaire. Cette rencontre entre les citoyens, les militants et les professionnels du secteur, nous avons décidé de la poursuivre et de la renouveler au travers des rencontres Niemeyer que nous venons de vivre aujourd'hui. Cette expérience témoigne de la capacité d'un lieu à créer de l'échange et de la participation. Le geste politique et culturel qu'avaient fait ensemble le PCF et Oscar Niemeyer il y a déjà plusieurs décennies a toujours une signification aujourd'hui. Il n'est pas pour rien dans le fait que ces rencontres existent. Il était intéressant de le souligner.

 

Il y avait aussi une autre ambition à ces rencontres, celle de se remettre au travail sur le fond, sur le sens. Le sens, c'est ce qui manque le plus à la vie et au débat politique aujourd'hui. Quand on est un responsable politique qui a une certaine idée de la politique, on est souvent affligé de la pauvreté du débat politique médiatique. Il a y besoin de tout autre chose, de remettre en mouvement dans la société des forces qui existent, qui sont considérables, et qui ne demandent qu'à pouvoir penser ensemble le devenir de la société. Il existe une exigence très forte de reconstruire du sens. Cette journée en a fait la démonstration. Le paradoxe de la société française, c'est que ces énergies, ces envies d'agir qui bouillonnent sont étouffées et que le monde politique ne s'en fait pas le relais. Il faut d'urgence lever le couvercle et se remettre à travailler tous ensemble.

 

A cet égard, je suis très satisfait que ce lieu, le siège national du PCF, redevienne petit à petit une ruche, un lieu de réflexion sur beaucoup d'autres questions. Pour ne donner que quelques exemples récents : 200 personnes se sont réunies ici il y a trois jours sur les questions d'économie sociale et solidaire, hier au Conseil national, la direction de notre parti a interrompu ses travaux pour assister à la présentation d'un jeune ingénieur sur les Fablabs. Nous avons aussi accueilli des assises du sport récemment...Depuis son dernier congrès, le PCF a entamé un travail en profondeur sur son projet en mettant notamment en place un comité du projet. Nous avons tenu une convention sur l'Europe au mois de novembre. Et nous tiendrons une nouvelle convention à l'automne sur les question de l'industrie. C'est le même esprit qui nous anime quand nous essayons de construire les États généraux de la justice fiscale. Nous voulons mettre en dialogue l'ensemble des secteurs de travail, associatif et syndical sur ce sujet. Vous le voyez, les rencontres Niemeyer ne sont pas un événement isolé dans notre travail. Nous avons l'ambition de faire cela dans beaucoup de domaines et de faire converger ces réflexions. Je crois que c'est devenu indispensable aujourd'hui.

Je reviens au sujet qui nous anime aujourd'hui. La ville, le logement, le territoire, sont des enjeux de civilisation majeurs. Le PCF était depuis quinze ans, dans un grand paradoxe. Nous ne travaillions plus assez bien sur ces questions. La dernière grande rencontre nationale organisée par le PCF datait en effet de 1982. Or, en même temps, les communistes qui sont en responsabilité dans de nombreux territoires ont continué à agir sur ces questions. Nous étions dans une situation paradoxale. La journée d'aujourd'hui ouvre une nouvelle période de réflexion avec beaucoup d'ambition. Il y a une urgence absolue. La situation du logement est dramatique. Le rapport de la fondation Abbé Pierre sera publié la semaine prochaine, le tableau qu'il va dresser sera alarmant. Il est urgent de prendre à bras le corps ces questions. Or, face à cette situation, les réponses actuelles vont dans la mauvaise direction. La décision gouvernementale de réduire de 53 milliards d'euros les dépenses publiques est dramatique. Cela aura des conséquences très négatives singulièrement sur les secteurs dont nous avons débattu toute la journée. La pression sur les collectivités locales pour diminuer les investissements publics va avoir des effets catastrophiques. 70 % de l'investissement public national est le fait des collectivités locales. L'effet dépressif va être massif. Il faudrait au contraire hisser de manière considérable le niveau d'investissement public dans ces domaines. La perte de maîtrise d'ouvrage publique, la délégation croissante à des marchés qui jouent sur des coûts bas, est à l'opposé des exigences dont nous avons aujourd'hui débattu.

 

Sur les réformes institutionnelles, il y a un autre défi à relever pour investir l'enjeu autour de la métropolisation, notamment sur la question de la cohérence dans les territoires. Mais ce à quoi nous assistons avec les réformes du gouvernement ne vont pas dans ce sens. L'amputation d'emblée des moyens d'un épanouissement démocratique qui permettrait d'aller au bout de l'exploration des besoins en est la cause principale. Le gouvernement encadre le débat, économiquement en baissant la dépense publique, et démocratiquement en concentrant la décision dans les mains du seul Président de la République en excluant du pilotage les principaux acteurs que sont les citoyens, les élus, les professionnels. C'est ce qui nous inquiète dans la trajectoire actuelle des réformes. Le triptyque compétitivité, austérité, autoritarisme, qui corsète le débat est à l'exact opposé de ce qu'il conviendrait de faire et que je pourrais résumer par les mots suivants : démocratie, coopération, mobilisation des ressources.

 

Nous avons de nombreux défis à relever. Nous avons tous besoin de mettre en mouvement l'ensemble des forces disponibles. Nous avons initié quelque chose avec ces journées qui mérite d’être prolongé. Il y a un potentiel de créativité énorme. Il y a des énergies qui crée, qui travaille dont nous devons faire une force qui pèse nationalement et qui nous permettent de modifier singulièrement les trajectoires. Ces rencontres sont le début d'un cycle de trois ans. Nous allons publier les actes des ces journées, nous allons ouvrir des forum sur internet, monter un film...Vous serez tous conviés à continuer ce travail avec nous. Et je vous donne d'ores et déjà rendez-vous l'année prochaine pour la deuxième édition de ces rencontres Niemeyer.

 

Je vous remercie.

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.